Docteure en littérature et civilisation françaises, mes travaux de recherche articulent littérature, arts du spectacle et histoire culturelle des pratiques scéniques.
Après avoir exercé au sein de l’Institut international de la marionnette, où j’ai notamment assuré des fonctions de direction de la recherche et de l’innovation et de titulaire de la chaire ICiMa, je poursuis aujourd’hui mes recherches de façon indépendante.
Elles portent principalement sur les thématiques suivantes :
– le théâtre de Paul Claudel ;
– les arts du spectacle dits traditionnels, mineurs ou populaires ;
– les arts de la marionnette (histoire culturelle et politique, esthétique, dramaturgies, terminologie, processus de création).
Issue de l’étude du texte, nourrie par la pratique de la scène et attentive à la question de la trace, je revendique une posture d’historienne. La documentation des faits, la recherche et le recoupement des sources primaires, ainsi que la contextualisation des productions artistiques constituent une discipline engageant ma responsabilité intellectuelle et citoyenne.
Pour ce faire, je croise des approches qualitatives (entretiens longs avec les praticiens, observation, recherche participative) avec le recours aux outils de bases de données et de modélisation sémantique.
Ces travaux nourrissent également une réflexion sur les enjeux de patrimonialisation, de transmission et de mémoire des pratiques artistiques.
Axes de recherche
Théâtre de Paul Claudel
L’œuvre de Paul Claudel occupe une place centrale dans mon parcours depuis 1997, lorsque Le Soulier de satin était au programme du concours de l’ENS Fontenay. Cette première rencontre a ouvert un travail au long cours, d’abord universitaire, puis progressivement artistique.
J’ai consacré ma maîtrise au « Personnage de Rodrigue au théâtre et à l’opéra » sous la direction de Michel Autrand, avant de mener, pendant six années, une recherche doctorale sur « Les influences du spectacle populaire sur le théâtre de Paul Claudel », sous la direction de Denis Guénoun à l’Université Paris Sorbonne. Cette thèse a été publiée en 2012 aux éditions Classiques Garnier.
Si je continue de publier régulièrement dans le Bulletin de la Société Paul Claudel des actualisations de ces travaux, mon rapport à cet auteur s’est déplacé : il relève aujourd’hui moins d’une posture strictement académique que d’un compagnonnage artistique, nourri par la pratique de la scène, l’adaptation et l’écriture.
Spectacles dits traditionnels, mineurs ou populaires
Je m’intéresse aux pratiques spectaculaires invisibilisées au fil de l’histoire en raison notamment de leurs modes de transmission oraux et non institutionnalisés. Ceci inclut certaines pratiques de la marionnette, mais aussi du cirque, du cabaret, du music-hall ou plus largement des formes situées aux marges des institutions culturelles.
Mon travail repose sur la rencontre avec les acteurs et témoins de ces pratiques, passées ou actuelles — Françoise Rose, Monique Créteur, Bruno Saffache — , afin de recueillir leur parole et de documenter des savoirs souvent peu ou mal archivés. Mon statut actuel de chercheuse indépendante me permet de développer ces enquêtes dans une relation de proximité et de durée.
J’analyse enfin les relations complexes qu’entretiennent ces pratiques avec la littérature et la culture dites dominantes : relations d’imitation, d’adaptation, d’intégration, mais aussi de détournement, de résistance ou d’évitement.
Arts de la marionnette
C’est par l’étude des relations entre spectacles populaires et théâtre claudélien que j’ai abordé les arts de la marionnette, devenus depuis 2009 mon champ principal de recherche. Mon approche est celle d’une historienne, nourrie par une connaissance approfondie des pratiques scéniques et par une attention constante portée aux conditions concrètes de création et de transmission. Mes premières réalisations sur ce champ ont notamment été développées dans le cadre de la commission Recherche de THEMAA, association professionnelle des théâtres de marionnettes et des arts associés.
Mes travaux portent principalement sur l’histoire des pratiques et des dramaturgies de la marionnette du XIXᵉ siècle à nos jours. Je croise des approches monographiques — notamment autour de figures telles que Maurice Bouchor, Judith Gautier, Jacques Chesnais, Georges Lafaye, Yves Joly, Michael Meschke — avec des recherches plus transversales, en particulier sur les processus de patrimonialisation et de transmission (documentation des savoir-faire et des processus de création, notation), les questions de terminologie et de pensée du geste, ainsi que sur l’histoire culturelle et politique des arts de la marionnette.
Les entretiens, communications, publications, enseignements, journées d’études et colloques que j’ai réalisés ou organisés sur ce champ entre 2009 et début 2023 s’inscrivent majoritairement dans le cadre de mes fonctions scientifiques à l’Institut International de la Marionnette / École nationale supérieure des Arts de la Marionnette (Charleville-Mézières).
Projets et responsabilités
Music for the eyes
Etapes de travail
Mai 2017 – Journées d’étude « Marionnettes, ombres et pantomimes »
Mai 2023 – Colloque international « Musiques, machines et mécanisation – Passé et présent »
Oct. 2023 – Workshop geste de pantomime et marionnettes à clavier
Fév. 2026 – Colloque international « Maurice Bouchor : écrits, musiques et spectacles ».
Ressources
Le projet Music for the Eyes / Musiques pour l’œil, mené par Catrina Flint de Medicis (Equipe Musique en France, Université de Montréal), porte sur des œuvres françaises de la fin du XIXe siècle dans lesquelles sujet visuel et dimension sonore sont séparés. Cette période correspond aux débuts de l’expérimentation dans le domaine de l’enregistrement sonore, mais précède l’intégration de la radio et du cinéma à la culture française.
D’abord conférencière invitée lors des journées d’études de 2017, je suis depuis 2023 collaboratrice officielle sur le projet Little Wooden Actors at the Petit-Théâtre de la Marionnette (Paris, 1888 – 1894).
La contribution à ce chantier de recherche historique et de recherche-création s’inscrit à l’intersection de mes recherches sur l’histoire de la marionnette et de ma pratique de la dramaturgie musicale.
Ce projet initié au sein de l’Observatoire interdisciplinaire sur la création et la recherche en musique (OICRM) est aujourd’hui poursuivi dans le cadre du Regroupement interuniversitaire de recherche et création • musiques et sociétés (RCMS), rattaché à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il est subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).
Marionnettes et politique
Étapes de travail
Nov. 2014 – Colloque international « Marionnettes et pouvoir : censures, propagandes, résistances »
Ressources
Marionnettes et pouvoir : censures, propagandes, résistances
(Deuxième époque, 2019)
J’ai co-dirigé avec Julie Sermon le cycle de recherche « Censures, propagandes, résistances » initié en 2011 dans le cadre de la commission Recherche de THEMAA, en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France et le musée Gadagne, ensuite poursuivi au sein de l’Institut international de la marionnette.
Après une série de journées d’études, il a abouti, en novembre 2014, à la tenue du colloque international « Marionnettes et pouvoir : censures, propagandes, résistances », dont les actes ont été publiés en 2019.
Je prolonge aujourd’hui ces travaux par une veille sur le sujet à l’échelle internationale ainsi que par une série d’enquêtes menées auprès d’artistes contemporains et de professionnels. Sur le plan national, je prête une attention particulière à l’analyse des conséquences de l’évolution des politiques publiques sur les conditions d’exercice, les choix esthétiques et dramaturgiques des compagnies.
Chaire ICiMa (2016-2023)
Contexte
Etapes de travail
(OpenEdition)
Ressources liées
(OpenEdition)
La chaire ICiMa – Innovation Cirque et Marionnette s’inscrivait dans le cadre des dispositifs de recherche et d’innovation sociale et territoriale de la Région Grand Est et dans la dynamique du développement de la recherche dans l’enseignement supérieur artistique. Elle a été créée en 2016 à l’initiative de l’Institut International de la Marionnette et du Centre national des arts du cirque, en associant partenaires institutionnels et universitaires ainsi que le réseau artistique et professionnel. Elle a reçu le soutien du Ministère de la Culture et des partenaires territoriaux. J’en ai été co-fondatrice et titulaire, et j’en ai assuré la responsabilité scientifique et éditoriale avec Cyril Thomas jusqu’en 2023.
Les travaux menés dans le cadre de la chaire ICiMa ont articulé recherche théorique, recherche artistique et recherche appliquée, en lien étroit avec les pratiques contemporaines. La chaire a notamment constitué un espace de dialogue inédit entre artistes, chercheurs, ingénieurs, professionnels du secteur et acteurs de la société civile (associations, industriels).
Plusieurs axes structurants ont été développés. Parmi ceux-ci, un important programme de recherche-action a été consacré à l’écoconception des marionnettes et des dispositifs scéniques, associant praticiens, ingénieurs spécialisés et médecine du travail. Ces travaux ont contribué à une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, sanitaires et ergonomiques dans les pratiques professionnelles.
Un autre axe central a porté sur les questions de terminologie, de pensée du jeu et de description des techniques, dans une perspective à la fois historique et contemporaine. Ce travail, engagé collectivement au sein d’ICiMa, s’inscrit dans un chantier de long terme que je poursuis aujourd’hui de manière indépendante.
Le carnet de recherche ICiMa, publié sur la plateforme Hypothèses (OpendEdition) a accompagné ces travaux comme espace d’éditorialisation scientifique et de documentation. J’ai conçu et rédigé, avec Cyril Thomas, l’architecture éditoriale du carnet ainsi que ses pages fixes ; les articles publiés reflètent le travail collectif de l’équipe et des artistes et chercheurs associés.